"Águas de março" : lŽépoque des pluies

Publié le par Juliette Delattre

Jusqu´à hier, le ciel était aussi limpide qu´au plus fort de l´été, et les rues crépitaient encore dans la chaleur de four qui avait pris la ville d´assaut, début novembre. Et tout d´un coup vint la pluie ! Pas d´automne, transition superflue :  c´est l´hiver qui s´annonce, sans faire les choses à moitié.

Je lisais ces jours-ci le journal de James Wetherhell (version portugaise), un vice-consul anglais ayant passé quinze ans dans les États de Bahia et de Paraíba, entre 1842 et 1857 . Et voici ce qu´il écrit en 1843, à propos des chaussées de Salvador :

"Le pavement des rues est épouvantable; d´énormes pierres s´enchâssent à de plus petites sans la moindre régularité, à la jointure tantôt solide, tantôt incertaine, de sorte que toute promenade se tourne dangereuse. Les chaussées abîmées ne semblent être jamais réparées, ce qui, au fil du temps, les rend impraticables. Des rigoles creusées au milieu de la voie servent à évacuer l´eau de pluie, cependant le canal n´est propre que passagèrement, à l´occasion d´une bonne averse. Il se retrouve alors chargé d´une eau nauséabonde, dont les effluves ne sont pas le pire châtiment que le piéton doive endurer, attentif à chaque pas pour éviter de se crotter."

...et bien les choses n´ont pas beaucoup changé, depuis lors. Le macadam est venu substituer les pierres et les rigoles ont disparu, mais les torrents boueux continuent de dévaler les pentes, emportant les immondices dans leur sillage. Ce qui n´est jamais très agréable quand on gravit la côte en sens inverse... Rester sec sur le trottoir se révèle un véritable défi, tandis que les voitures foncent impassibles sur les routes crevassées. Mais ce qu´il y a peut- être de plus irritant, c´est la placidité des bahianais, qui répondent juste "acontece", ça arrive, lorsque j´arrive dégoutante de flotte, celle qu´ils appellent eux-mêmes "suco de lixo", le jus de poubelle !  

Publié dans Salvador

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